(1)
Le grand jour de votre délivrance est enfin arrivé. Ne vous frappez
donc pas la poitrine en disant : Ah ! Père, viens à notre secours !
Car il vient à votre secours, et vous dit :
Mon
enfant, mange d’abord le pain du ciel que mon fils te donne ; et aie
ensuite l’attitude qu’il te demande d’avoir dans cette attente
difficile. Alors j’étendrai ma main sur ta tête pour te protéger
du terrible châtiment que je vais infliger au monde. N’agis pas
autrement et ne fais rien d’autre que ce qu’il t’ordonne, car
c’est pour vous sauver que je l’ai envoyé au milieu de vous. Je
lui ai remis ma confiance et j’ai placé mes paroles dans sa bouche.
Va, et ne te retourne pas.
Le
bonheur des élus de Dieu
(2)
Par la connaissance, vous êtes désormais éclairés et élevés sur
les hautes cimes. La nouvelle cité, dans laquelle vous allez vivre,
apparaît comme si nous la contemplions depuis le sommet d’une
montagne au pied de laquelle elle se serait formée. Observons alors ces
fruits de la connaissance sur la Terre où la mer humaine a disparu, et
où tout est redevenu pur et semblable aux origines du monde.
(3)
On voit d’abord qu’il s’agit d’une cité de premier ordre qui se
fond dans la nature et dans laquelle les gens sont heureux de vivre. Étant
libres, rien ne leur fait peur si ce n’est le bruit des violents
orages, rien n’occasionne de troubles ni ne salit les tuniques, et
rien ne dégrade les visages et les pensées. Les mères n’enfantent
plus dans la crainte de voir périr leurs enfants sous leurs yeux. Les pères
ont retrouvé le cœur de leur enfant, et les enfants le cœur de leur père.
La jeunesse ou la vieillesse ne sont plus des catégories de personnes
qui s’affrontent. Et plus personne ne craint de vieillir et de mourir.
(4)
Ici, dans ce monde de paix, nul n’est surmené. La grave maladie
n’existe pas, car elle n’a plus de sources ni de champs où se répandre,
plus de demeures ni ce qui l’entretenait. La famine, la servitude et
l’emprisonnement sont ignorés dans le royaume où les anges ne
reconnaissent d’autre autorité que celle du Très-Haut. Il n’y a
plus de guerres, parce que chacun est libre comme l’oiseau et fait ce
qu’il lui plaît. Il n’obéit qu’à Celui qui désormais gouverne
le monde, car ici on se trouve sous le règne de Dieu.
(5)
La ville sainte est un joyau, une étoile brillante posée sur le sol,
de laquelle émane la gloire du Tout-Puissant. Nous l’admirons d’en
haut, en comprenant que le Père ne réservait pas les ténèbres éternelles
à ses élus, mais le plaisir de vivre libre, qu’il tenait caché pour
ceux qui le méritent et accèdent à sa loi par élévation de
l’esprit. Personne ne se lamente, car la vie du sanctuaire est le déroulement
des jours paisibles. Elle est aussi l’air pur que l’on respire avec
les senteurs, le lumignon que l’on éteint pour traverser
tranquillement la nuit au milieu des siens, avec beaucoup d’autres
choses encore qui écrivent le mot paix sur les paupières de ceux qui
se reposent et sur la porte de leur maison.
(6)
Par-delà le trait de séparation du monde de ténèbres du monde de
lumière, les chefs des nations, les conquérants, les trafiquants, les
militaires, les riches, les scientifiques et les religieux qui perdirent
le monde ne sont plus, car l’hypocrisie et la vanité ont à jamais
disparu. On parle de ce que fut leur règne cependant, pour essayer de
garder le souvenir de leurs prétentions qui faisaient de la Terre un
lieu d’effroi, une aire d’angoisse et des conditions abominables de
survie pour tous ; et on s’efforce de s’imaginer ce que fut leur
domination. Mais on a oublié leur visage, on ne connaît plus leur nom
ni leur nation. Il n’y a plus aucune trace d’eux ni de ceux qui
marchaient dans leurs voies. Déjà le souvenir de ce qu’ils furent
s’estompe et, sans le livre de vie, on ne se rappellerait plus
qu’ils ont existé.
64
– Conception de la cité du royaume
(7)
Les anciens racontent que le jour où les élus sortirent de leurs abris
sur les montagnes où le Fils les avait assemblés, ils s’empressèrent
de représenter sur le sol les trois parties de la ville sainte,
ci-dessous, ressemblant au Soleil, et dirent : voilà ce que le fils du
Très-Haut nous montrait inlassablement ! Voilà comment nous vivrons désormais
pour que l’horreur ne se manifeste plus ! Et, cette fois, tous
entendirent.
(8)
Mais nous sommes encore de ce côté-ci mes enfants. Cependant, ce qui
sera dans le royaume, qui vient avec ses lumières, ses joies, sa pureté,
sa transparence et cette grande liberté pour tous, est bien réel.
Lisez l’apocalypse où Jean explique la nouvelle Jérusalem, qu’il
présente carrée et bâtie avec de grandes murailles pour montrer
qu’elle est bien structurée et bien défendue. Cette ville des anges
est bien là, à portée de main, pour le nouveau siècle. Et vous ne
faites pas un songe.
(9)
La connaissance de la vérité conduit forcément dans ce nouveau monde
et à cette nouvelle cité. Et c’est pour qu’elle arrive au temps
marqué, que Dieu annonça :
Je
détruirai la sagesse des sages,
Et j’anéantirai l’intelligence des intelligents.
Et
son fils unique lui répondit :
Je
te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché
ces choses (du royaume) aux sages et aux intelligents, et de ce que tu
les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu
l’as voulu ainsi.
(10)
Souvent j’ai expliqué que seuls ceux qui ont gardé le cœur et
l’esprit de leur jeunesse peuvent saisir le Fils et voir le royaume.
C’est pourquoi ces paroles de Dieu et de Jésus montrent que les
intelligents qui voulurent gouverner leur peuple et le monde, ne peuvent
être admis.
(11)
Seul l’homme manipulé et lié se referme sur lui-même. Mais quand
Adam et Eve sont libres comme l’air, ils s’ouvrent à Dieu et se
soumettent à lui de leur plein gré. Personne ne les force à agir
ainsi, parce qu’avec leurs pensées débarrassées du mensonge, ils
savent qu’aucun être n’est supérieur à eux.
Les
activités
(12)
Pourra-t-on encore employer toutes les techniques de cette fin de siècle
? Continuera-t-on à communiquer avec les hommes du monde entier ? A
cela je réponds que rien n’empêche de faire ce qui n’est pas en désaccord
avec la loi ; car si on ne pouvait plus pratiquer l’industrie, la
chimie par exemple, on ne pourrait plus faire de potages avec les légumes
du jardin... et si la mise en œuvre des matières premières ne pouvait
plus être effectuée, même les outils pour travailler les champs
disparaîtraient. Sur le sol, il y a désormais suffisamment de métaux
et autres matériaux pour vous servir jusqu’à ce que la Terre passe.
N’ayez donc crainte, pour changer de monde, vous pourrez faire ce que
vous voudrez et utiliser tout ce qui aura été épargné.
(13)
Cependant, méfiez-vous de cette espèce de frénésie technologique qui
vous frappait dans cette fin de siècle, parce que cela conduit
invariablement au désastre, comme vous le voyez. J’ai déjà expliqué
qu’on vit pour aimer et non pour produire, pour protéger et non pour
détruire, car la science c’est ce qui fait l’homme et non ce que
l’homme fait. C’est pourquoi, pour ne pas revenir aux erreurs du
passé, vous devrez être vigilants en ce qui concerne vos œuvres et
vos projets.
(14)
Dans le sanctuaire, vous mêlerez adroitement les bonnes choses
anciennes acquises en six mille ans et les bonnes choses nouvelles. Vous
veillerez à ne pas agir comme vos pères qui avaient abandonné les
choses utiles et tranquilles du passé pour ne se consacrer qu’aux
folies de la modernité qui leur avaient fait perdre les bases du
savoir-faire. Mais le retour à la sérénité vous permettra de faire
de nouveau usage des chevaux et de toutes les autres bêtes qui
travaillent, ainsi que de la force électromagnétique, cette force
universelle qui descend d’en haut sans affecter la Terre et ce qui
vit.
(15)
Quant à communiquer quotidiennement avec le monde entier, pourquoi
voudriez-vous persister en Babel ? Ces choses-là ne purent se produire
qu’au terme du monde, essentiellement par ennui et par peur de la
solitude et du néant. Mais, désormais remplis de la connaissance, vous
n’aurez plus de telles craintes qui vous poussaient à entrer
constamment en contact avec les hommes, bons ou mauvais, du monde
entier. Ce qui, en outre, vous faisait prendre racines sans plus pouvoir
bouger... Non, les moyens de transmission de la parole et des images
n’ont existé, au soir du monde, que pour faire connaître l’avènement
du Fils de l’homme. N’est-il pas écrit que l’avènement du Fils
de l’homme serait aussi rapide que l’éclair tout autour du monde ?
C’est par ces moyens qu’il peut l’être, et conformément à ce
que Jésus a annoncé.
(16)
En vous demandant quels sont vos besoins essentiels, vous saurez aussi
que ce qui est inutile est forcément destructeur. Vous vous forgerez
alors un nouvel esprit ; et vous deviendrez tous rois, médecins, prophètes
et capables dans tous les domaines de l’existence. Vous échangerez
vos savoir-faire et ne cacherez rien, comme la loi vous le demande.
Ainsi, vous ne chercherez plus à tirer profit de vos semblables, mais
ferez en sorte que ce soit eux qui tirent avantage de vous car, pour
l’ange, l’important c’est autrui. C’est pourquoi, vous ne ferez
rien de conséquent sans avoir consulté la loi au préalable, de peur
que la Terre entière soit, cette fois, frappée d’interdit d’y
vivre.
L’accomplissement
de la prédiction
(17)
Mais ne craignez pas, le Père a déjà sauvé le monde par son fils.
Aussi celui qui bâtira sa maison l’habitera, et nul ne cultivera un
champ pour que d’autres profitent de la récolte. Vos enfants
resteront près de vous et vous accompagneront durant toute votre
existence, qui sera longue désormais, en raison de la pureté
originelle retrouvée. Craignant Dieu et l’aimant de tout votre cœur
et de toute votre pensée, vous garderez l’esprit de votre jeunesse ;
et âgés, vous serez toujours jeunes ! Ah ! mon peuple, qu’ils sont
beaux tes nouveaux cieux !
(18)
Je me souviens de cette parole de Dieu, exprimée par Ésaïe, qui doit
requérir toute votre attention :
Car je vais créer de nouveaux cieux
Et
une nouvelle terre ;
On
ne se rappellera plus les choses passées,
Elles
ne reviendront plus à l’esprit.
Réjouissez-vous
plutôt et soyez à toujours dans l’allégresse,
A
cause de ce que je vais créer ;
Car
je vais créer Jérusalem pour l’allégresse,
Et
son peuple pour la joie.
Je
ferai de Jérusalem mon allégresse,
Et
de mon peuple ma joie ;
On
n’y entendra plus
Le
bruit des pleurs et le bruit des cris.
Il
n’y aura plus ni enfants ni vieillards
Qui
n’accomplissent leurs jours ;
Car
celui qui mourra à cent ans sera jeune,
Et
le pécheur âgé de cent ans sera maudit.
Ils
bâtiront des maisons et les habiteront ;
Ils
planteront des vignes et en mangeront le fruit.
Ils
ne bâtiront pas des maisons pour qu’un autre les habite,
Ils
ne planteront pas des vignes pour qu’un autre en mange le fruit ;
Car
les jours de mon peuple seront comme les jours des arbres,
Et
mes élus jouiront des œuvres de leurs mains.
Ils
ne travailleront pas en vain,
Et
ils n’auront pas des enfants pour les voir périr ;Car
ils formeront une race bénie de l’Eternel,
Et
leurs enfants seront avec eux.
Avant
qu’ils m’invoquent, je répondrai ;
Avant
qu’ils aient cessé de parler, j’exaucerai.
Le
loup et l’agneau paîtront ensemble,
Le
lion, comme le bœuf, mangera de la paille,
Et
le serpent aura la poussière pour nourriture.
Il
ne se fera ni tort ni dommage
Sur
toute ma montagne sainte,
Dit
l’Éternel.
(19)
Dans cette parole du Tout-Puissant on voit toute la loi, on y remarque
la délivrance et la longévité. On y trouve la joie de vivre et le
bonheur de l’Éternel qui, ici, ne se repend plus d’avoir formé
l’homme mais qui, au contraire, est heureux de l’avoir créé.
(Fin
de l'extrait)
